Optimisation énergétique des espaces tertiaires pour réduire les dépenses

Le secteur du bâtiment se place en tête en termes d’usage énergétique, avec une augmentation de 20% de sa consommation sur les 30 dernières années, malgré les efforts pour économiser l’énergie. L’amélioration de l’efficacité énergétique et le contrôle énergétique avancé des bâtiments représentent des outils cruciaux pour minimiser l’empreinte écologique des sociétés et administrations, en vue d’atteindre l’ambition de neutralité carbone d’ici 2050.

Gestion énergétique avancée des espaces tertiaires

La gestion énergétique avancée englobe la surveillance et la régulation des dispositifs et systèmes énergétiques dans les bâtiments (tels que le chauffage, la climatisation, l’éclairage, etc.), par l’emploi de technologies innovantes, méthodes et tactiques. Cette approche vise à ajuster la consommation énergétique aux besoins réels de l’espace et de ses utilisateurs, s’appuyant sur l’analyse des données de consommation et des habitudes énergétiques pour promouvoir une consommation d’énergie responsable.

Cette gestion permet aussi de pratiquer la flexibilité de la demande, soit le report de l’utilisation d’appareils à forte consommation énergétique à des moments moins chargés du réseau électrique, favorisant ainsi les périodes de moindre coût ou lorsque l’électricité provient de sources renouvelables. Optimiser les exigences énergétiques d’un bâtiment peut réduire sa demande de puissance.

Les buts visés par la gestion énergétique d’un espace tertiaire incluent :

  • Diminuer la dépense énergétique du bâtiment ;
  • Enhancer le bien-être des utilisateurs ;
  • Contribuer à la transition énergétique en privilégiant les moments de production renouvelable.

Normes et régulations en gestion énergétique

Les cadres réglementaires de l’Union européenne et de la France concernant la gestion énergétique des espaces tertiaires évoluent continuellement, poussant entreprises et administrations à baisser leur consommation énergétique et à améliorer leur efficacité énergétique du batiment, alignées sur les ambitions de neutralité carbone européennes.

Sur le plan de l’UE, la directive relative à la performance énergétique des bâtiments (EPBD), actualisée en 2018, établit des cibles de diminution de l’usage énergétique des structures. L’EPBD requiert des pays membres l’adoption de stratégies favorisant la gestion énergétique des bâtiments, incluant possiblement des soutiens financiers ou l’obligation de mise en œuvre de la gestion énergétique pour certaines catégories de bâtiments.

En France, la transposition de l’EPBD s’est effectuée à travers le décret BACS. Le décret BACS (Building Automation & Control Systems), appliqué dès 2022, exige l’installation de systèmes de gestion énergétique dans les bâtiments tertiaires, destinés à superviser et à réguler leur consommation énergétique, spécialement pour le chauffage, la climatisation, la ventilation, et l’éclairage.

Les structures tertiaires visées par le décret BACS comprennent :

  • Bâtiments gouvernementaux, éducatifs, sanitaires, culturels, sportifs, de loisirs, d’hébergement, ou religieux ;
  • Structures dédiées aux bureaux, au commerce, aux services ou à l’industrie ;
  • Édifices à vocation mixte, partiellement affectés à des usages tertiaires.

Les systèmes de gestion énergétique doivent satisfaire à des normes techniques de base, en termes de communication, sécurité et efficacité énergétique, et être installés par un expert certifié.

Instrumentation pour la gestion énergétique

Face aux obligations légales et pour affiner la gestion de l’énergie dans les bâtiments, divers instruments, de complexité variable, facilitent cette gestion à différents niveaux.

Gestion basique implique la manipulation manuelle ou programmée des dispositifs et systèmes énergétiques, basée sur des créneaux horaires ou des limites de température.

Gestion poussée se sert d’algorithmes pour affiner l’utilisation énergétique selon les prévisions météo, les périodes d’utilisation du bâtiment et les exigences des occupants.

Gestion intelligente s’appuie sur l’internet des objets (IoT) pour recueillir et examiner des informations en direct, permettant ainsi des ajustements automatiques et adaptatifs aux besoins changeants.

Pour équiper une gestion énergétique efficace, les équipements clés incluent :

  • Des senseurs placés sur les dispositifs énergétiques ou l’environnement externe
  • Des dispositifs d’action pour manipuler les systèmes énergétiques tels que vannes, moteurs, commutateurs, ou commandes électroniques.
  • Un système de gestion technique de bâtiment (GTB) pour rassembler, étudier, et agir sur les données capturées, en envoyant des instructions aux dispositifs d’action en temps réel.
  • Un logiciel de simulation énergétique pour modéliser et anticiper la performance énergétique, aidant les responsables à formuler des stratégies d’amélioration.

La sélection des outils de gestion énergétique varie selon la taille et la sophistication du bâtiment, les buts d’efficacité énergétique et le budget alloué. Actuellement, il est envisageable de confier la supervision de ces systèmes à un prestataire énergétique, qui se connecte aux informations des marchés de l’énergie, de la production renouvelable, des réseaux de distribution, et de la consommation bâtimentaire pour optimiser l’ensemble de manière avisée, réduisant ainsi la consommation globale.

Auteur
Claire Dubois
Claire Dubois est une experte en immobilier avec un passé d'agent et une passion pour l'architecture. Diplômée en journalisme immobilier, elle offre sur ce site des analyses pointues et des conseils éclairés.

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